Début d'un important transport de combustible MOX vers le Japon
Transport hautement radioactif de MOX vers le Japon
Areva a entamé sous haute surveillance policière les opérations de transfèrement vers le Japon d'une cargaison record de MOX, mélange d'uranium et de plutonium. L'équivalent de 225 bombes nucléaires vont passer 70 jours en mer et longer parfois de très prés de nombreux pays.
4 mars 2009
France — Cherbourg / Paris, le 2 mars 2009 - Greenpeace révèle que les 1,8 tonne de plutonium contenue dans le Mox, mélange de plutonium et d'uranium naturel, seront acheminés par camions depuis La Hague jusqu'au port de Cherbourg (20 km) dans les nuits de mardi à mercredi et de mercredi et jeudi.
Il s'agit de la plus importante cargaison de matière fissile jamais transportée.« Pendant deux mois, c'est une quantité de matière fissile permettant de fabriquer 225 bombes nucléaires qui va traverser la moitié de la planète, passant dans les eaux territoriales d'Etats qui ne sont même pas informés de leur passage ! déclare Yannick Rousselet, de Greenpeace France. Nous dénonçons ce transport très dangereux et le secret qui l'entoure : les beaux discours d'EDF et d'Areva font l'impasse sur les transports de ces matières parfaitement utilisables à des fins d'armement nucléaire ! »
L'AIEA saisie
Greenpeace a décidé de saisir l'AIEA (l'Agence internationale de l'énergie atomique, gendarme mondial du nucléaire). Une lettre adressée à son président, Mohammed El Baradei, et s'alarmant de l'attitude irresponsable de Areva et de ses propos mensongers à propos du MOX a été envoyée aujourd'hui. L'organisation demande que l'AIEA intervienne auprès d'Areva pour lui rappeler le statut du MOX (catégorie 1, c'est-à-dire directement utilisable pour fabriquer des bombes) et demande que ce transport soit immédiatement arrêté.
L'industrie nucléaire affirme pour sa part qu'il serait extrêmement difficile de fabriquer une arme nucléaire à partir de MOX. "Personne ne l'a fait. On ne peut exclure qu'une organisation s'y essaye, c'est pour cela que ces convois sont protégés", affirme à l'AFP Thierry Dujardin, directeur adjoint de l'agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire.
Au Japon, les trois compagnies régionales d'électricité destinataires de la cargaison, Kyushu Denryoku, Shikoku Electric Power et Chubu Electric Power, ont confirmé ces derniers mois qu'elles continuaient de préparer une partie de leurs installations à l'emploi de ce MOX dans leurs réacteurs. Elles disent vouloir se conformer à l'échéance de mars 2011, date-butoir qui figure dans un texte qui a force de loi. Mais les écologistes doutent qu'elles aillent jusqu'au bout car le Japon a déjà repoussé à plusieurs reprises l'introduction du MOX dans ses centrales.
Le Japon a construit récemment sa propre usine de retraitement, en partenariat avec Areva, mais le démarrage de cette dernière est sans cesse repoussé. Les deux derniers transports de MOX d'Areva à destination du Japon date de 1999 et 2001.
Source : AFP, greenpeace













